Applis et objets connectés en psychiatrie. Pour quel usage ?

Les applications et les objets connectés pourraient faire leur entrée progressive dans le suivi des troubles psychiques. Qu’apporteront-ils de nouveau ? Pour le patient ? Pour le médecin ?

Les applis et objets connectés, utilisés en psychiatrie, auront-ils des usages intéressants dans l’avenir ?

Tous les psychiatres et les médecins savent qu’il est difficile d’évaluer le sommeil et le degré d’activité physique d’une personne. Et, de fait, la personne elle-même n’a qu’une appréciation très partielle, subjective, de ces deux éléments importants pour sa santé. Or, ces éléments sont très importants pour chercher l’origine d’une fatigue ou d’un malaise psychique. De même  pour apprécier l’intensité d’une dépression. Puis, et au fur et à mesure, pour se faire une idée de l’amélioration, du degré de reprise d’une activité ou du rétablissement d’un sommeil normal ou amélioré.

Cependant, une réserve : ces dispositifs ne permettent pas de faire le diagnostic d’apnées du sommeil. Il faut des dispositifs plus spécialisés.

Une aide à la prise de conscience des troubles par les applis et objets connectés

Ces applis permettent une certaine prise de conscience : reconnaitre son trouble soulage et permet d’avancer. En effet, mettre des mots sur son malaise, c’est déjà s’approprier ses troubles. De plus, c’est avoir la confirmation que d’autres aussi en souffrent. Et cela permet de se documenter, ce qui oulage beaucoup. Par dessus tout, libérer quelqu’un du questionnement stérile en boucle ou de la honte qui mènent de l’absence de soins, est un premier pas important.

Les applis psy permettent de mieux repérer et évaluer certains états psychiques :

  • L’anxiété crée un malaise intense, aigu ou continu. Les personnes qui vivent ce malaise peuvent mettre longtemps pour mettre un mot adéquat sur leur état « anxiété ou angoisse ou attaque de panique ».  L’anxiété peut être camouflée par des troubles du caractère. Certaines applis les aident et proposent déjà des exercices simples de respiration pour calmer la crise.
  • Une dépression peut être manifeste, s’imposant à la conscience ou à l’entourage mais elle peut aussi être masquée, latente, larvée au point d’en être méconnaissable. Ou se manifester seulement par des idées noires très perturbantes
  • Une insomnie durable, autre qu’occasionnelle est un indice important du trouble de l’équilibre psychique et physique d’un individu.
  • Des troubles des conduites alimentaires

Quels applis et objets connectés font-ils leur entrée en psychiatrie ?

Notre sélection :

  • A propos de dépression: Stopblues, Bloom-up
  • Sur l’état émotionnel global : Emoteo
  • Sur les troubles du comportement alimentaire: Bluebuddy
  • A propos de l’utilisation excessive du cannabis: Stop cannabis et Addict Aide 
  • Pour aider à la consultation, une appli comme Monsuivipsy permet de choisir soi-même le ou les  symptômes gênants et des les mesurer chaque jour. Ainsi, on dispose d’une base d’échange avec le psychiatre qui lui permettra de mieux s’orienter.

Les objets connectés : montres et smartphones

sont équipées de capteurs qui renseignent sur le sommeil ou l’activité physique

  • les montres connectées mais aussi de nombreux smartphones, donnent une indication chiffrée sur votre activité physique en nombre de pas effectués en une journée et en nombre d’étages montés. Des capteurs d’activité équipent la plupart des smartphones récents. On sait que l’activité est perturbée dans les états d’excitation maniaque et dans les dépressions. Entre 7500 et 10000 pas par jour et vous avez un bon niveau d’activité. L’activité contribue au sommeil.
  • la structure d’une nuit de sommeil : on sait l’importance du sommeil dans la physiologie, la psychologie d’une personne, sa résistance aux stress de tous ordres. Ainsi, chaque matin, vous pouvez lire votre score de sommeil et même étudier la structure de votre nuit.

Il est ainsi facile, et de façon plutôt fiable, d’avoir un regard objectif sur son activité physique et son sommeil. qui sont de bons reflets de l’état mental d’une personne.  Il est évident que de tels indicateurs, simples, ne permettent qu’une première approche de l’état psychique d’une personne.

Des résultats accessibles et disponibles facilement

Les montres connectées : Fitbit Alta HR –  Withings Move Basic  reportent ces résultats  dans une appli gratuite liée au dispositif. Les applis liées à ces objets fournissent un ensemble d’autres renseignements utiles par exemple sur le poids et l’alimentation.

Si vous ouvrez un compte, vous recevrez régulièrement par mail, des rapports hebdomadaires ou mensuels.

Ces applis peuvent donner des conseils directs pour faire face au trouble mais aussi peuvent vous orienter vous orientent vers des centres de consultation ou des médecins consultants.

Les français sont – ils équipés pour ces nouveaux usages ?

La disponibilité quasi exponentielle du smartphone,  de la tablette ou de l’ordinateur fixe multiplient les possibilités par internet de l’information médicale et du traitement et donc de ces usages.

La E-santé désigne ce nouvel usage d’un objet connecté, ordinateur ou mobile (smartphone, tablettes) via des applications dont peuvent se servir :

  • le patient
  • ou un proche-aidant
  • ou le personnel médical ou paramédical
  • afin de collecter, visualiser, partager et utiliser des informations relatives à la santé d’une personne qui l’aura explicitement souhaité.

Équipement numérique : des chiffres très élevés

En 2016, le smartphone arrive pour la première fois en tête des équipements digitaux.

77 % des Français âgés de 18 à 75 ans déclaraient en posséder un.

Le taux d’équipement en ordinateur portable, quant à lui, s’établissait à 74 %.Nul doute qu’il a progressé depuis. Tout indique donc que le smartphone s’est imposé dans la vie des Français comme le moyen d’accès privilégié à l’univers digital, que ce soit pour la communication, le travail, les achats et les formalités du quotidien, ou encore le divertissement mais aussi la santé.

Selon une étude de Deloitte (2016)

Les seniors s’engagent dans la e-santé

  • 92 % des seniors internautes sondés utilisent un ordinateur à domicile pour surfer en santé.
  • 22 % utilisent un Smartphone, 19 % une tablette (25 % pour les femmes seniors)
  • 58 % consultent le Web santé au moins une fois par semaine
  • 40 % consultent le Web santé avant ou après une consultation médicale.

Il est certain que l’essor de la téléconsultation pendant la période Covid 19, va encore pousser le public dans la direction de la E-santé.

Psyway n’a aucun lien commercial avec aucune société mais sélectionne pour vous les meilleures, celles qui nous semblent utiles et fiables. Psyway laisse de côté les applis gadgets qui ne mesurent rien d’utile ou sans fiabilité reconnue.

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