Le sevrage des antidépresseurs

Le sevrage d’un antidépresseur est une phase délicate. Progressivité, absence de précipitation, auto observation, lucidité, prise en compte des aspects pharmacologiques sont des gages pour la réussite de votre sevrage.

Les médicaments antidépresseurs sont d’une très grande utilité lorsqu’ils sont utilisés à bon escient, pour les personnes qui en ont besoin. Ce ne sont pas des « drogues » dont il faut se débarrasser à tout prix. Il faut même admettre que certaines personnes doivent prendre, dans leur intérêt et dans celui de leurs proches, un traitement de façon très prolongée.

Les précautions pour un sevrage d’antidépresseur

  • Demandez l’avis du médecin qui vous fait la prescription ou de votre psychiatre
  • Ne commencez pas un sevrage de façon impulsive, par « ras-le-bol », par culpabilité ou par honte de prendre un psychotrope
  • Rapportez au médecin comment s’est passé ou se passe encore le sevrage : facilité ? difficulté ? symptômes transitoires ?
  • Demandez l’avis de vos proches s’ils ont connaissance de votre traitement
  • Évitez de demander l’avis de personnes dont vous savez qu’ils ont une position de principe anti-médicaments qui ne fera que les inciter à préconiser l’arrêt du traitement coûte que coûte.
  • Choisissez un moment tranquille dans votre vie : début de vacances par exemple

Quand commencer le sevrage d’un antidépresseur ?

  • Quand on va réellement mieux depuis plusieurs semaines : plus d’angoisse, sentiment dépressif disparu, activité quasi normale, sommeil et alimentation rétablis
  • N’abrégez pas le traitement après une amélioration qui peut n’être que passagère. Il est rare qu’un psychiatre vous conseille l’arrêt d’un traitement antidépresseur avant six mois de prise régulière et avant une amélioration nette et durable.
  • Il faut se demander si le problème que vous avez rencontré et qui a mené à l’instauration du  traitement est maintenant atténué, surmonté. Avez vous pu avoir des entretiens psychothérapiques pour « comprendre » l’objet de la dépression (une perte de tout ordre, un échec important, un conflit difficile à surmonter..)

Comment arrêter un antidépresseur ?

  • Une règle d’or : la progressivité. L’arrêt sera progressif par paliers longs et avec une évaluation lucide. Un ordre d’idée : une réduction d’un quart de la dose d’antidépresseurs tous les deux mois est prudente. Une évaluation doit être faite, de préférence avec votre médecin, avant d’entamer un palier supplémentaire.
  • N’arrêtez pas tous les médicaments à la fois. Souvent il persiste dans le traitement une petite dose d’anxiolytique à prendre le soir ou en cas de besoin dans la journée : on conservera cette possibilité sans honte ni culpabilité. C’est une sécurité. On s’occupera plus tard de ce deuxième sevrage.

Effets des caractéristiques pharmacologiques de l’antidépresseur sur le sevrage

  • Les effets directs sur le cerveau, les effets secondaires ressentis par la personne, les symptômes transitoires qui surviendront parfois pendant le sevrage ne sont pas identiques d’une personne à l’autre.
  • Ils ne sont pas identiques non plus d’un médicament à l’autre. C’est pourquoi l’expérience du médecin qui vous suivra va avoir une grande importance pour vous guider.
  • Les antidépresseurs qui sont éliminés rapidement après la prise journalière sont ceux qui peuvent donner (ce n’est pas obligatoire) le plus de symptômes de sevrage donc le plus de difficultés au sevrage.
  • Dans l’ordre, voici approximativement les durées d’élimination des principaux antidépresseurs, du plus rapidement au moins rapidement éliminé.
      1. Venlafaxine Effexor ® : 5 à 11 heures
      2. Doluxéine Cymbalta ® : 9h à 19h
      3. Paroxetine Deroxat ® : environ 24 h
      4. Sertraline Zoloft ® : 26 h
      5. Escitalopram Seroplex ® : 30 heures
      6. Citalopram Seropram ® : 33 heures
      7. Fluoxétine Prozac ® : 4 à 6 jours
  • Avec les premiers de la liste, il faut s’attendre à plus de symptômes transitoires consécutifs au sevrage. Plusieurs jours seront nécessaires à ce que le malaise (vertiges, anxiété, frissons, mal-être ..) se dissipe. La réduction sera donc encore plus progressive.
  • La progressivité de la réduction sera d’autant plus facile qu’on dispose d’une forme soluble du médicament qui permet une réduction milligramme par milligramme. C’est le cas de la fluoxétine, de la paroxetine, du citalopram. Cette réduction par paliers de 1 milligramme permet de faire face très facilement aux éventuels symptômes de sevrage : ils seront plus faibles et moins durables.
  • Quand on arrive à un palier plus difficile, par exemple les derniers milligrammes de la venlafaxine ou Effexor®, on peut opérer un relai provisoire par la fluoxétine et réduire de milligramme en milligramme ou de goutte en goutte.

L’essentiel est de ne pas avoir d’a priori et de bien s’observer au cours du sevrage et pendant les mois qui suivent.

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