Arrêt médicamenteux brutal : attention au sevrage

syndrome de sevrage

Pourquoi l’arrêt brutal de médicaments psychotropes perturbe t-il l’organisme à ce point?

L’arrêt médicamenteux brutal a un effet de sevrage. En effet, l’utilisation prolongée de médicaments psychotropes modifie la régulation du cerveau par les neurotransmetteurs. Mais dans un sens bénéfique en règle générale. De fait, le but recherché des médicaments est de se fixer plus ou moins durablement sur les récepteurs spécifiques des cellules nerveuses qui dysfonctionnent. Ce processus permet les effets thérapeutiques du médicament.

Mais en cas d’arrêt brusque, le cerveau n’a pas le temps de retrouver progressivement sa régulation antérieure. Or, c’est nécessaire. Donc, il lui faut un peu de temps et pendant un certain, il présente des signes de dysfonctionnement.

Avec les médicaments psychotropes pris à doses habituelles, ce moment de transition, qui peut durer quelques jours, s’exprime par un malaise plus ou moins intense le plus souvent sans gravité réelle et sans suite. Mais l’arrêt total d’un médicament, au bout de quelques jours et de quelques semaines révèle l’état psychique sous-jacent : amélioré ou encore troublé.

Quand apparaissent les symptômes du sevrage d’un psychotrope ?

Cela dépend globalement de la durée de demi-vie du médicament c’est-à-dire du temps pendant lequel le médicament est efficace sur le psychisme. Mais cela dépend aussi de la régularité des prises, de l’ancienneté de la consommation, de l’importance de chaque prise.

A l’arrêt médicamenteux brutal d’un psychotrope, quels sont les signes d’un sevrage trop rapide ?

  • Anxiété, irritabilité, agitation mais aussi agressivité ou tristesse
  • Troubles du sommeil voire insomnie totale
  • Cauchemars d’apparition immédiate (très caractéristique)
  • Impression de sommeil haché et agité voire insomnie d’endormissement et réveils multiples : de ce fait, on peut avoir l’impression de ne pas avoir dormi du tout
  • Impressions de « déjà vu », flashes hypermnésiques
  • Plus rarement surviennent des hallucinations, des idées délirantes, un sentiment de persécution, une confusion mentale
  • Tremblements, vertiges, incoordination motrice, ataxie, pertes d’équilibre, parfois convulsions
  • Des troubles qui peuvent paraitre physiques : céphalées, troubles neuro-végétatifs (transpiration, tremblements)
  • Troubles sensoriels, anomalies perceptives : odorat troublé, goût bizarre, hypersensibilité, photophobie, troubles kinesthésiques ou paresthésiques

Avec quels produits psychotropes, lors d’un arrêt brutal, les symptômes de sevrage apparaissent-ils ?

Un cas spécial : l’alcool qui n’est pas un médicament mais qui est utilisé par beaucoup de personnes pour calmer leur anxiété, surtout le soir. L’arrêt brutal de la consommation d’alcool régulière et importante peut être risquée. En effet, l’arrêt brutal peut provoquer un état de confusion mentale, le délirium tremens. C’est une urgence médicale. En conséquence, une hospitalisation urgente est nécessaire.

Donc, une décision exécutée brutalement, sans réflexion et sans préparation, avec les meilleures intentions du monde, peut aboutir à des problèmes importants.

L’arrêt de l’alcool, très souhaitable, doit être préparé, réfléchi, programmé, encadré par un médecin.

Avec quels vrais médicaments psychotropes, les symptômes de sevrage peuvent-ils apparaitre? C’est possible avec tous

  • les anxiolytiques (benzodiazépines)
  • les médicaments opiacés, brusquement stoppés peuvent occasionner un fort malaise.
  • les antidépresseurs, plus rarement et de façon moins intense
  • les antipsychotiques

En conclusion, il ne faut donc jamais arrêter brusquement un traitement psychotrope.

L’avis de Psyway

  • Mieux vaut le réduire progressivement, bien s’observer et être bien encadré par un conseil médical.
  • Il n’y a que très rarement urgence à interrompre un traitement psychotrope, sauf allergie, panique ou mauvaise information (parfois par un entourage alarmiste). Prenez un peu de temps.
  • Il faut aussi toujours signaler au médecin l’arrêt récent de médicaments psychotropes. Celui-ci pourra alors vous conseiller la reprise du traitement puis sa baisse progressive.

Donc nous recommandons prudence et progressivité, d’autant plus que le traitement est ancien.

Le sevrage peut être accompagné par la prise, provisoire, de médicaments sédatifs.

Il est bon de préparer un arrêt médicamenteux ou sevrage en s’informant

Vous pouvez-vous préparer progressivement un sevrage en comprenant les mécanismes de l’addiction, de leurs effets sur le cerveau et les méthodes pour arrêter progressivement. Sur Addictaid vous trouverez une liste de médecins addictologues.

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16 Commentaire

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Mayarépondre
21 novembre 2021 à 16 h 47 min

Bonjour, j’étais sous Alprazolam 0,25 pendant 3 mois suite à des insomnies. Cela m’a bien aidé à dormir mais une fois le traitement arrêté, des angoisses et une anxiété que je n’avais jamais connu sont apparues, je ne dormais quasiment plus, énormément de déprime également. Alors qu’avant de prendre Alprazolam tout allai très bien (si ce n’est mes insomnies, mais je n’étais pas du tout anxieuse ni déprimée). Le plus dur du sevrage a duré 2 semaines mais maintenant cela fait 3 mois et je me sens toujours très anxieuse du matin au soir, douleurs au ventre incessantes et beaucoup de tristesse. Ma question est de savoir s’il est possible que ce traitement – et son arrêt – ait pu me rendre anxieuse/dépressive au lieu de m’aider ?

Marc Hayatrépondre
21 novembre 2021 à 18 h 48 min
– En réponse à: Maya

En effet, il est possible que l’arrêt de ce traitement ait révélé une anxiété généralisée que le traitement par l’Alprazolam a masqué. Un traitement par anti-dépresseur sur durée suffisamment longue (de plusieurs mois) avec un arrêt très progressif serait plus indiqué que la reprise de l’Alprazolam.
Cordialement,
Docteur Marc Hayat pour l’équipe de psyway

Cjxfv26455répondre
31 octobre 2021 à 9 h 11 min

Bonjour j’ai stoppé mon traitement au bout de 12 mois je me sens hyper bien je viens de me rendre compte que je n’avais aucune maladie on m’a mis sous loxapac par erreur médicale jeune suis pas du tout malade

Serge Gauthierrépondre
1 novembre 2021 à 8 h 13 min
– En réponse à: Cjxfv26455

Bonjour,
On comprend que vous soyez heureux de vous sentir bien après l’arrêt de votre médicament. Cependant, soyez vigilant. En effet, les médecins cherchent toujours à prescrire le moins de médicaments possibles, et il nous est difficile de penser que ce type de traitement vous a été prescrit par erreur, pour rien. Nous vous conseillons d’aller parler de votre arrêt de traitement avec le médecin qui vous l’a prescrit, rediscuter avec lui des raisons de la prescription. C’est le moment, surtout si en ce moment vous vous sentez bien. IL faut être vigilant, car l’action du loxapac se prolonge quelque temps après l’arrêt du traitement. Aussi, de toute façon, nous vous conseillons d’être très attentif dans les semaines et les mois qui viennent : insomnie? mauvaise humeur? sensations anormales?, etc? Si quelque chose vient vous indiquer que votre bien être actuel est un peu moins bon, n’hésitez pas à reconsulter en urgence les médecins qui vous connaissent.
Dr Gauthier, pour l’équipe Psyway

Josettespriet @orangerépondre
27 octobre 2021 à 21 h 15 min

J’ai arrêté de prendre les anciens

J ai arrêté très BRUZ

Bonjour j’ai arrêté brutalement le lysanxia je prenais régulièrement depuis quelques années prescrit par mon psychiatre et cela suite à une dépression. Premier ne sait pas même pas vous pouvez y avoir une réaction de mon cerveau

Serge Gauthierrépondre
1 novembre 2021 à 8 h 16 min
– En réponse à: Josettespriet @orange

Chère Madame
Votre message est incomplet. Voulez-vous reformuler votre question?

br78répondre
7 septembre 2021 à 9 h 06 min

Bonjour après 8 mois de non prise du loxapac j’ai retrouvé mon calme ça a été dur au début : nausées maux de ventre irritabilité angoisse cela a disparu au bout de plusieurs mois qu’en pensez-vous?

Serge Gauthierrépondre
3 octobre 2021 à 18 h 48 min
– En réponse à: br78

Bonjour, j’ai l’impression que vous avez éprouvé au début de l’arrêt do loxapac des symptômes de sevrage médicamenteux tels qu’ils sont décrits dans l’article du site que vous avez consulté. Puis dans les mois qui ont suivi, cela s’est peut-être mélangé à des symptômes d’angoisse plus personnelle. En effet, en principe, la totalité du médicament que vous avez pris est éliminée au bout de trois ou quatre mois. Cela semble fini. Vous devez vous sentir soulagé(e). Cependant, nous vous conseillons de restez vigilant(e), en consultant régulièrement votre médecin ou psychiatre, car les symptômes d’angoisse peuvent se reproduire, parfois de façon très progressive, ou seulement marquée par des symptômes légers. Dans ce cas, il ne faudrait pas tarder à reprendre un traitement qui vous avait fait du bien.

Belle Âmerépondre
15 janvier 2021 à 0 h 42 min

Bonjour,
Je vous remercie pour votre éclairage sur un sujet qui méritait d’être traité.
Effectivement, le sevrage brutal est tout à fait déconseillé. J’en ai fait l’expérience récemment. Seules des insomnies plus marquées sont apparues. À la reprise du traitement que je prends depuis 15 ans déjà, j’ai remarqué beaucoup d’effets secondaires désagréables et incompatibles avec mon besoin d’apaisement, de sérénité.
J’espère que la psychiatre comprendra ma situation lors de la prochaine consultation.
Bonne année 2021 et bonne santé !

Jchvrépondre
9 janvier 2021 à 20 h 26 min

Bonsoir après 10 jours de sevrage en toute de loxapine je me sens bien mieux je l’ai fait sans en avoir parlé à mon psychiatre et ce bien et normal bonne année 2021

Marie Augerrépondre
12 décembre 2020 à 18 h 44 min

Bonjour j’ai prit des anxiolytique au mois de septembre et j’ai arrêter brutalement depuis je me sens plus bien dans mon corps je n’arrive plus du tout à dormir, mon corps craque de partout je n’ai plus de sensation j’ai vu pleinsde médecins qu’il mon dis que j’étais en bonne santé je n’arrive plus à rien faire si vous pouviez m’aider svp merci.

Victor Souffirrépondre
18 décembre 2020 à 9 h 13 min
– En réponse à: Marie Auger

Bonjour Madame, il est possible qu’en fait, dès le mois de septembre, vous vous soyez trouvée dans un état dépressif ou anxio-dépressif.
Les anxiolytiques ont pu vous soulager un moment mais à l’arrêt, vous vous trouvez confrontée à la dépression. Lorsque vous dites que vous n’avez plus de sensations et que vous n’arrivez plus à rien faire, c’est très évocateur.
Il faut donc à nouveau solliciter les médecins, éventuellement un psychiatre si c’est faisable, pour mieux préciser votre état et envisager les mesures, certainement médicamenteuses à prévoir. Votre traitement est adapté, vous pourrez dans quelques semaines vous sentir beaucoup mieux.
Ceci n’est pas une consultation médicale mais un simple conseil.
Bien cordialement

gjdjmarépondre
22 septembre 2020 à 9 h 57 min

bonjour j’ai aréter la loxapine lentement et j’ai des nausé maux de ventre le corp qui me grate l’angoisse apres 8 jours de non prise resulat tout ça a disparu sauf l’angoisse quand cellci va disparaitre

Victor Souffirrépondre
23 septembre 2020 à 11 h 36 min
– En réponse à: gjdjma

Les symptômes qui ont disparu progressivement sont liés à des manifestations du sevrage. C’est terminé, c’est bien.
Par contre votre angoisse qui persiste ou qui revient a une cause. Mais laquelle? Il vaut mieux en parler franchement à votre médecin. Peut-être pourra-t-il en trouver avec vous la cause réelle et soulager votre souffrance par la compréhension et par un autre traitement moins lourd?

Sarahrépondre
9 juillet 2020 à 12 h 41 min

J’ai arrêter mon traitement psychiatrique qui était très lourd brutalement j’en n’est parler à ma psychiatre qui n’était pas d’accord elle a même voulu me re faire hospitaliser … Maintenant j’ai des symptômes je ne dort pratiquement pas je ne trouve pas le sommeil et ne dort pas profondément je somnol je suis triste je me sans mauche j’ai plein de bouton qui on apparue je ne veux plus voir mais amis car je me sens l’aide n’arrive plus a communiquer je bloque je reste toute la journée chez moi deven la télé se qui arrange pas les chose ni mon sommeil sa fait déjà 3mois que j’ai arrêter mon traitement il ni a pas d’amélioration mais je suis contre les médicaments psycatrique car il rende mou me font baver trambler et m’ensuque donc dans les deux cas je suis mal je suis rentré a l’hôpital car on ma mi un médicament dans mon verre et j’ai mal délirer mais avent sa j’étais très bien maintenant je suis mal j’ai une question avec le temp es que je re deviendrez normal ?

Victor Souffirrépondre
18 juillet 2020 à 19 h 58 min
– En réponse à: Sarah

Bonjour, à notre avis, il n’est jamais bon d’arrêter brutalement un traitement comme nous essayons de le dire dans l’article.
Très souvent il s’agit d’une question de doses et de choix du médicament. Mais dans ce que vous nous dites, votre insomnie est préoccupante et au moins sur ce plan une aide en médicaments pourrait vous permettre de vous sentir mieux. Et de discuter avec votre psychiatre…
Si un climat de coopération ss’instaure, vous pourrez plus facilement parler avec votre psychiatre de l’existence et de l’avenir de vos troubles. Ressaisissez-vous et coopérez. La rédaction

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