Arrêt brusque : le sevrage

L’utilisation prolongée de médicaments psychotropes modifie la régulation du cerveau par les neurotransmetteurs. Ce sont des molécules qui se fixent plus ou moins durablement sur la surface des cellules nerveuses au niveau de sites tout à fait spécifiques. Ce processus permet les effets thérapeutiques du médicament, mais en cas d’arrêt brusque, le cerveau n’a pas le temps de retrouver sa régulation antérieure.

Ce moment de transition, qui peut durer quelques jours, s’exprime de façon trompeuse.

Ce ne sont pas les symptômes qui ont été à l’origine de la mise en place du traitement mais des symptômes nouveaux qui peuvent sembler d’une autre origine (neurologique, gastro-intestinale..).

Au plus fort, c’est à la suite de l’arrêt brutal de la consommation d’alcool, de médicaments opiacés ou de substances opiacées que ce syndrome apparait.

D’où la règle de ne jamais arrêter brusquement un traitement psychotrope mais d’opérer une réduction progressive, et de préférence encadrée par votre médecin.

Les signes d’un sevrage brutal

  • Anxiété, irritabilité, agitation, agressivité, tristesse
  • Troubles du sommeil voire insomnie totale
  • Cauchemars d’apparition immédiate (très caractéristiques)
  • Insomnie d’endormissement, réveils multiples, sommeil haché et agité
  • Impressions de « déjà vu », flashes hypermnésiques
  • Plus rares : hallucinations, délire, persécution, confusion
  • Convulsions
  • Tremblements, vertiges, incoordination motrice, ataxie, pertes d’équilibre
  • Céphalées, troubles neuro-végétatifs (transpiration)
  • Troubles sensoriels, anomalies perceptives
  • Hyperosmie, goût bizarre, hypersensibilité, photophobie, troubles kinesthésiques ou paresthésiques
  • Exceptionnellement : état confusionnel, délirium tremens qui est une urgence médicale

Il n’y a que très rarement urgence à interrompre un traitement psychotrope, sauf panique ou mauvaise information (parfois par un entourage alarmiste).

Il faut aussi toujours signaler au médecin l’arrêt récent de médicaments psychotropes. Celui-ci pourra vous conseiller la reprise du traitement puis sa baisse progressive.

Donc prudence et progressivité, d’autant plus que le début de la prise est ancien.

Le sevrage peut être accompagné par la prise, provisoire de médicaments sédatifs.

On peut consulter:

Organisation Mondiale de la Santé (WHO)

Atelier antalgie

 

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