Agressivité et violence dans les troubles psychiques

L’agressivité désigne un ensemble d’attitudes et de comportements qui expriment une hostilité ou une violence envers autrui. Elle peut également s’exprimer en imagination dans les fantasmes.

L’agressivité prend des formes très variables parfois cachées derrière une gentillesse excessive. Elle peut être consciente ou tout à fait inconsciente. Elle peut se déplacer d’une personne à une autre.

Le ressenti de la personne :

Il est très variable. On peut se sentir agressif et cela occupe le champ de la conscience jusqu’à la rage. Mais les autres peuvent vous trouver agressif sans qu’on le ressente soi-même. Le sentiment de culpabilité peut être très présent ou apparemment absent. Un agresseur peut se sentir très coupable mais aussi agir en toute méconnaissance de ce qu’il fait, et sans la moindre culpabilité.

Agressivité à l’égard de l’entourage :

Une certaine agressivité est fréquente entre enfants et parents, notamment à l’adolescence, elle fait partie des processus de maturation et de développement. En cas de troubles psychiatriques (états borderline, schizophrénie, addictions…) une forte agressivité peut se faire jour. Une violente agressivité peut être ressentie envers ses parents. Des attitudes négatives, conscientes ou pas peuvent s’exprimer. C’est parfois une colère inexpliquée, une hostilité sourde, un mépris cinglant, une rancune sans raison évidente, une passivité agressive, parfois même de la haine. Le sujet devient exigeant, tyrannique, menaçant. Et parfois, il passe aux actes.

Et pourtant d’un autre côté ce sujet sait que la famille est essentielle pour lui.

Ainsi, dans les troubles psychotiques, l’agressivité du patient vis-à-vis de sa famille peut-être très forte alors que la famille est indispensable dans les aspects essentiels, matériels et psychologiques de sa vie.

La famille est longtemps patiente, attentive, perplexe. Mais il arrive que lorsque les troubles durent pendant des années, la famille se décourage, s’éloigne, réponde moins aux sollicitations, en cherchant à se protéger le plus possible,

L’agressivité développée au sein de la famille s’exprime quelquefois à l’encontre de quelqu’un d’autre, dans n’importe quelle circonstance de la vie sociale

Dans le couple, les expressions d’agressivité et surtout de violence sont parfois dramatiques et souvent bien cachées.

Leur développement est progressif, s’accroit avec le temps et les violences tendent à se cumuler.  Une relation d’emprise s’installe entre l’auteur et la victime compliquant pour cette dernière la prise de conscience et la sortie du processus. Les stratégies de l’agresseur provoquent une culpabilisation de la victime et une perte de confiance en elle et en sa capacité d’agir.

Psychologie de l’agressivité

L’agressivité est une manifestation relationnelle courante qui n’a pas une origine unique. Il peut s’agir de manifestations évoluées de rivalité, de concurrence, de désirs sexuels frustrés. Il peut s’agir aussi de manifestations relevant de relations troublées plus primitives de la personne avec l’environnement de son enfance : attachement perturbé, difficultés de séparation et d’individuation, reproduction d’une agression subie pendant l’enfance… La violence révèle une perte de contrôle mais parfois recèle aussi un plaisir.

Il est important de comprendre à quelles angoisses et à quels problèmes non résolus correspondent les conduites agressives et violentes et quelle est leur fonction de protection du sujet. Dans certains cas, le besoin d’ignorer la dépendance dans laquelle il se trouve par rapport à l’entourage pourrait être une raison importante de cette hostilité. D’autres stratégies défensives peuvent être avancées.

L’agressivité en milieu de soins

Les conduites et attitudes très ambivalentes, tyranniques à l’égard de la famille, peuvent souvent se répéter à l’égard des soignants, des éducateurs, de tous ceux sur qui repose la vie de la personne. Elles troublent profondément l’entourage car c’est paradoxalement le soutien le plus immédiat qui est le plus agressé.

Ces attitudes ont été largement observées dans le cadre hospitalier. Elles sont vécues péniblement par les équipes soignantes et par les psychiatres. Elles rendent le traitement plus difficile car le milieu soignant risque de perdre progressivement de sa sympathie vis-à-vis du patient et des manifestations de rejet peuvent alors venir au premier plan.

Évaluer l’agressivité

Avec la Cop -Utilisateurs : Agressivité envers l’entourage

Avec la Cop 13 (pour les soignants) : Attaque de l’objet d’étayage

Comment soigner l’agressivité ?

Une personne assez consciente peut se sentir coupable de son agressivité : l’espace de la psychothérapie psychanalytique peut être un champ de compréhension des problèmes inconscients et de changement de première importance.

Pour l’entourage, la distance relationnelle, la prise de recul par rapport à ces manifestations, l’évitement de la réponse à l’agression par l’agression sont les premières mesures indispensables, même si cela est parfois très difficile.

Une thérapie familiale peut aider à prendre ce recul ?

Si  la violence est importante et rend le sujet dangereux pour son entourage et pour lui-même, un apport de médicament est indispensable. Les principaux sont les neuroleptiques et anti psychotiques qui seront aussi actifs contre l’angoisse du sujet qui peut déterminer la violence. L’hospitalisation sous contrainte est parfois nécessaire.

Les échanges au sein des associations entre les familles, subissant des violences de la part de leurs enfants peuvent être extrêmement utiles à élucider les nœuds inconscients et à modifier utilement les conduites. De même que les psychothérapies familiales.

Dans Psyway :

 

 

 

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