Antipsychotiques – neuroleptiques – effets indésirables et conseils ?

Neuroleptiques et antipsychotiques produisent souvent des  effets indésirables. Lesquels ? Comment les réduire ou les supprimer  sans compromettre le traitement? Quelques avis et conseils.

Dans les suites de la prise d’un neuroleptique ou d’un antipsychotique, des effets indésirables peuvent se faire sentir. Sur un fond d’amélioration psychique (calme revenu, baisse de l’angoisse et de l’agitation, atténuation du délire ou des hallucinations), il faut les repérer. Mais ils peuvent aussi ne jamais apparaître. Ils peuvent être différents d’une personne à l’autre. Ils peuvent être atténués et améliorés. La grande majorité des effets indésirables est sans gravité.

Surtout, ils ne doivent pas faire interrompre  le traitement, souvent indispensable et qui ne peut être remplacé par rien d’autre. Cependant, s’ils sont très importants, il peuvent, parfois, obliger à changer de médicament.

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents avec les antipsychotiques et neuroleptiques ?

Assez fréquents au début du traitement, il faut observer leur évolution :

  • soit, ils s’estompent progressivement dès les premières semaines du traitement, c’est le cas de la sédation ou de la  somnolence
  • soit ils persistent et il faudra chercher à les atténuer.

Il faut donc les connaître pour pouvoir les identifier et adopter les mesures qui en atténueront ou empêcheront les effets désagréables. Ce sont des effets sur les récepteurs anticholinergiques.

Somnolence, fatigue, sédation, mal-être sont fréquents au début

La personne peut ne pas se sentir « comme d’habitude » : ralentie, endormie, fatiguée. C’est très fréquent au début du traitement. La personne peut en être effrayée alors que c’est une simple question d’ajustement ou de dosage.

  • Première mesure : La répartition dans la journée doit être modifiée : les médicaments les plus sédatifs doivent être pris au coucher. Un effet utile : cela facilitera l’endormissement, parfois cela évitera de prendre un médicament somnifère ou hypnotique et cela contribuera au maintien du sommeil.
  • Donc, le moins possible de médicaments sédatifs le matin.  Souvent, une prise unique de neuroleptiques le soir au coucher conviendra beaucoup mieux.
  • Parlez-en au médecin qui pourra réévaluer la dose à la baisse et mieux répartir le traitement dans la journée.
  • Évitez de conduire ou d’utiliser des machines dangereuses.

Impatiences, akathisie (besoin de bouger, de se lever, de marcher, ne pas tenir en place), rigidité musculaire, tremblement

C’est dû au fait que les neuroleptiques et antipsychotiques, ont parfois des effets, provisoires, sur les centres nerveux de la motricité.

Ces troubles sont beaucoup plus fréquents avec les neuroleptiques anciens (Largactil, Haldol, Moditen, Modecate, Nozinan..) qu’avec les anti psychotiques récents (aripiprazole, rispéridone, loxapine, quétiapine..). On appelle l’ensemble de ces troubles « syndrome parkinsonien » ce qui ne signifie pas qu’il s’agit d’une maladie de Parkinson. C’est un trouble transitoire.

Cependant, il existe des médicaments correcteurs très efficaces. Ils sont prescrits lorsque c’est nécessaire  mais pas systématiquement. (Artane 2 ou 5 mg- Akineton L.P. – Lepticure 10 mg). Ces médicaments correcteurs pourront être réduits par la suite mais si la réduction pose problème, ils peuvent être remplacés par un autre médicament.

Avec les neuroleptiques et antipsychotiques : d’autres effets indésirables

Maux de tête, céphalées

Évitez les substances pouvant favoriser vos maux de tête (excitants, café, chocolat, alcool).

Prenez, modérément et pour un temps limité un antalgique typa paracetamol.

Ces symptômes diminuent avec le temps. S’ils persistent, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Insomnie

Certains antipsychotiques (surtout l’aripiprazole) peuvent donner, pendant quelques jours une insomnie. Cette insomnie ne doit pas faire renoncer au traitement. Il faut que l’organisme s’adapte au médicament dont les effets positifs vont se faire sentir progressivement.

Un changement de l’heure de prise d’un de vos médicaments peut souvent solutionner ce problème.

Vertiges ou sensation de malaise en se levant, étourdissements .

Ces troubles sont dûs à une hypotension orthostatique c’est à dire un retard d’adaptation de votre tension artérielle à la position debout. C’est bénin mais gênant.

  • Levez-vous lentement. Si vous êtes couché, asseyez-vous une dizaine de secondes avant de vous lever doucement et de vous élancer.
  • Des médicaments correcteurs existent. Le plus anodin est l’heptaminol. Si les symptômes persistent, faites vérifier votre tension artérielle.

Prise de poids

  • Une augmentation de l’appétit peut apparaître surtout au début du traitement. Ceci nécessite une surveillance. On surveillera  le poids et l’IMC (indice de masse corporelle) tout au long du traitement. Il s’agit d’éviter un syndrome métabolique.
  • Dès le début du traitement, surveillez votre alimentation et obligez vous à faire un peu d’exercice physique.
  • Chez les personnes susceptibles de grossir, ou déjà en surpoids avant le traitement, un bilan lipidique sera nécessaire au début.
  • Au-delà d’une  l’augmentation de l’IMC  de 5 % du poids initial on cherchera un pré-diabète. On envisagera un changement de médicament.

Bouche sèche

  • Buvez souvent un peu d’eau additionnée de jus de citron ou de pamplemousse.
  • Mâchez une gomme sans sucre afin de stimuler la salivation.
  • Vous pouvez vaporiser un spray de salive artificielle ( Aequasyal – spray buccal).
  • Ayez une bonne hygiène dentaire : la bouche seiche trop longtemps risque de favoriser les caries dentaires. Brossez-vous bien les dents après chaque repas.

Douleur, rougeur, induration, gonflement au site d’injection

Quand les neuroleptiques et antipsychotiques sont injectés sous forme retard : parlez-en à votre médecin.

Malaise général, fièvre, tremblements intenses peuvent évoquer un syndrome malin des neuroleptiques. C’est très rare mais cet état doit faire l’objet d’un bilan et d’un traitement rapide.

Cette fiche fait mention des effets indésirables les plus souvent rencontrés par les patients. D’autres effets plus rares peuvent apparaître.

Signalez les à votre psychiatre et ne vous affolez pas. Et surtout n’interrompez pas votre traitement sur un coup de tête. Le risque est le syndrome de sevrage et la rechute.

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