Travail social et compétences numériques

La fracture numérique se présente sous deux aspects : l’équipement et la compétence numérique.

Le terme de litteratie numérique, vient de l’anglais literacy . Il est de plus en plus utilisé quand on évoque les compétences numériques d’un individu ou d’une population.

Pour l’OCDE, le terme de litteratie évoque « la capacité de comprendre, d’évaluer, d’utiliser et de s’engager dans les textes écrits, les textes numériques, à fin de participer à la société, d’accomplir ses objectifs et de développer ses connaissances et son potentiel…. La capacité à utiliser les technologies numériques, des outils de communication et des réseaux pour acquérir et évaluer de l’information, communiquer avec autrui et accomplir les tâches pratiques » (OCDE, 2016).

Les facteurs qui interviennent dans la compétence numérique ne surprennent pas :

1 l’âge : le meilleur niveau est atteint de 25 à 30 ans et décline vers 55 et 65 ans

2 mais aussi le niveau d’études personnel et des parents

3 et le niveau d’intégration sociale : c’est l’inscription sociale (récente) qui donne plus ou moins d’opportunités de développer ses capacités numériques.

D’énormes disparités existent :

Alors que le taux d’utilisation des sites administratif est de 61,4 % de l’ensemble des individus en France, selon le diplôme, la population utilisant le Net pour de l’information en santé  varie entre :

  • 87 % pour ceux qui ont des diplômes supérieurs au baccalauréat
  • 27,1 % pour les personnes sans diplôme (INSEE – données 2017)

En fonction du CSP :

  • 61,1 % pour les ouvriers
  • 93 % des cadres et professions libérales

Une charge nouvelle pour les intervenants sociaux

En conséquence, dans l’étude Connexions solidaires d’Emmaus Connect, il semble bien que les métiers d’accompagnement social subissent un lourd infléchissement :

  • 75 % des professionnels affirme faire les démarches numériques « à la place de » l’usager
  • 58 % des intervenants sociaux jugent le numérique indispensable dans le parcours d’un usager
  • Moins de 10 % des intervenants sociaux déclare avoir reçu une formation au numérique dans le cadre professionnel au cours de la formation initiale
  • Seuls 30 % des intervenants sociaux sont en capacité de diriger un usager ayant des lacunes numériques vers un acteur proposant une formation adaptée
  • moins de 20 % des structures ont une procédure systématique de détection des difficultés numériques des usagers.

Les inégalités en matière de santé

Elles se creusent en raison du développement des technologies numériques qui deviennent indispensables dans la vie quotidienne et progressivement en matière de santé.

Le débat devrait s’ouvrir dans les services de soins et médico-sociaux sur ce qui doit être fait rapidement pour pallier ce problème.

La fracture numérique doit être considérée sous deux aspects : l’équipement et la compétence numérique.

Sources :

Ces informations ont été extraites du document «Les usages du numérique par les publics fragiles : levier ou frein pour l’accès aux droits ? » – Plate-forme de l’observation sanitaire et sociale – Auvergne–Rhône–Alpes, Dec 2018

Voir aussi les sites :

Emmaus Connect

France Stratégie Numérique

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