Du mésusage du numérique en psychiatrie

Encore une pétition qui circule sur les réseaux sociaux « Pour une vraie prise en charge de la dimension psychologique dans le soin : Appel psytoyen ».

Ce n’est pas la première pétition (et ce ne sera pas la dernière) qui s’inquiète, à juste titre, du risque réel de l’évolution de la psychiatrie. Celle-ci se ferait vers une forme d’approche de la compréhension de la maladie mentale qui s’éloigne de la dimension psychodynamique pour aller dans le sens du traitement symptomatique.

Le numérique : une solution low-coast pour la psychiatrie ?

Il suffirait de « découper » la souffrance du patient en éléments à traiter séparément de façon à « blanchir » le patient (selon l’expression utilisée en dermatologie) des symptômes qu’il présente et de réduire ainsi son trouble et sa souffrance.

Ces modes de réponse seraient portés, selon les pétitionnaires, par le numérique qui apporterait une solution « low cost » aux difficultés que rencontre la psychiatrie actuellement. Qu’en est-il réellement ?

Les progrès et leurs revers

Tout progrès comporte le revers de sa médaille, en psychiatrie comme dans tous les domaines. Ainsi, l’introduction des neuroleptiques a été une formidable découverte : les malades allaient mieux, étaient plus calmes. Mais certains psychiatres ont pensé avoir trouvé la panacée qui allait leur permettre de faire leur métier a minima, de façon automatique. On sait les méfaits de la camisole chimique.

De même, si la sismothérapie a littéralement vidé les Hôpitaux, son utilisation abusive a terni son image et son indication est devenue très étroite.

La Psychothérapie institutionnelle a permis l’ouverture des asiles vers le monde extérieur dans sa double entreprise de désaliénation psychopathologique et sociale. Son utilisation abâtardie l’a réduite à un accompagnement amical des patients avec lesquels il suffirait de jouer à la belote ou à la pétanque pour qu’ils aillent mieux.

Il est exact que le numérique au service d’une évaluation à tout crin sans but qu’elle-même ou pour établir des statistiques peut être utilisé de façon fallacieuse. La question essentielle du parcours de soins pourrait se voir ainsi transformée par l’utilisation du numérique en une  vision segmentée des soins qui les rendrait repérables et quantifiables. L’apport essentiel de la téléconsultation risque de se dégrader vers des plateformes d’écoute animées par des soignants anonymes et interchangeables.

Le numérique porteur de progrès en psychiatrie

Si son utilisation abusive et surtout son mésusage risquent de discréditer son apport, le numérique dans ses différentes facettes :

  • Internet avec sa documentation, ses blogs de témoignages et d’échanges
  • l’utilisation de certaines applis, de certains Objets Connectés pourrait être un apport formidable dans le traitement des patients et la compréhension de la maladie mentale.

Il suffit de lire ce qui se publie sur Psyway pour se rendre compte que le psychologique est au centre des questions posées et des échanges.

Justement, Psyway se veut le site de la e-psychiatrie dans laquelle le numérique est tourné vers l’avenir, vers l’amélioration des soins et de la compréhension de la maladie mentale, en étant toujours associée à l’approche humaniste de sa complexité.

A lire sur le sujet : Le billet d’humeur de Pierre Delion – La liberté de penser

 

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