Sondage téléconsultation : les utilisateurs entre satisfaction et inquiétude

Un sondage Odoxa indique le potentiel que la pratique de la téléconsultation  représente, ainsi que les attentes qu’elle peut susciter. Sondage publié par le Magazine de la Santé et l’Agence du Numérique en Santé (ANS) en octobre 2020.

Un échantillon de 2010 patients, 254 médecins et 248 infirmiers indique les évolutions constatées de l’usage de la téléconsultation depuis le confinement. Mais aussi les difficultés et obstacles qu’il faudra encore surmonter pour que celle-ci devienne une pratique plus intégrée et complémentaire à l’ensemble des dispositifs de soins.

Sondage : les praticiens et leurs outils de téléconsultation

Les outils utilisés par les praticiens pour la connexion sont :

  • 30 % Whats’app, Skype, Facetime,
  • 29 % une webcam
  • 28% une plateforme
  • 11% un outil proposé par l’ARS

Ils ont utilisé à 60 % le téléphone dont  27% avec image et 33 % sans image.

40 % ont employé un ordinateur ou une tablette pour cette connexion avec leur patient.

Les médecins ayant eu recours à la téléconsultation se disent satisfaits à 75% et les patients à 79%. 

Ces praticiens ont réalisé en moyenne 81 téléconsultations. Un nombre en forte en hausse sur un an, notamment depuis le confinement mis en place en mars 2020.

Les médecins qui n’ont pas eu recours à la téléconsultation (40% de l’échantillon) ne disposaient pas des outils nécessaires et ignoraient que le ministère en avait référencé.

Sondage : craintes et réserves exprimées par les praticiens et les patients

Cependant ce sondage indique aussi les craintes exprimées par les utilisateurs, tant médecins qu’infirmiers ou patients.

  • Crainte de déshumanisation de la relation : 76 %
  • Risque de piratage des données de santé : 73 %
  • Risque d’erreur médicale : 73 %

A ces risques identifiés s’ajoute, quoique à un degré moindre, une insatisfaction en raison :

  • De problèmes techniques de connexion : 25 %
  • De problèmes de réception du son : 21 %
  • Du vécu d’être mal à l’aise devant un écran : 19 %

Ces réserves sont cependant à mettre en parallèle avec le taux de satisfaction élevé pour les réponses apportées rapidement aux patients notamment dans des zones de faible densité médicale ou infirmière.

Sondage : les usagers envisagent le recours à la téléconsultation pour :

  • Poser une question à son médecin : 84 %
  • Obtenir un papier administratif : 84 %
  • Un renouvellement d’ordonnance : 82 %
  • Des résultats d’examens : 80 %

Ces attentes traduisent une certaine conception « opératoire » de la téléconsultation : la dimension plus clinique serait réservée à une consultation en présence du médecin en cabinet ou en centre. On peut lire ainsi que la relation avec le praticien dans une rencontre doit demeurer privilégiée.

Enfin les patients qui ont bénéficié d’une téléconsultation étaient à :

  • 81 % à leur domicile
  • 11 % en EHPAD
  • 8 % dans un établissement de santé

Sondage : les enseignements apportés sur la téléconsultation

Une écrasante majorité de médecins et infirmiers estiment que le recours à la télémédecine a permis de mieux gérer la crise du Covid19.

On constate une adhésion renforcée pour celles et ceux qui ont eu recours aux TLC. On observe également un accroissement de ces modalités de soins, favorisé par la crise du Covid et le confinement.

Le degré élevé de satisfaction ne doit pas dissimuler une certaine réserve, voire une méfiance envers cette technique :

  • La crainte de perdre le lien personnel qui lie le patient à son médecin
  • Les questions autour de la confidentialité et de la sécurité des données

L’avis de Psyway

On peut regretter que certains points ne se trouvent pas encore traités alors qu’ils méritent un approfondissement, notamment :

  • La question de l’accès aux outils numériques pour les 40% de praticiens qui n’ont pas recours à la TLC faute d’équipement. Pour les patients la même question devrait être explorée.
  • La méconnaissance par une grande partie des patients des modalités de prise en charge de la TLC par l’Assurance Maladie et les possibilités de remédier à cette situation
  • ainsi que  du côté des médecins la méconnaissance des outils permettant de mettre en œuvre la téléconsultation.

Par ailleurs, un sondage ne permet sans doute pas de bien évaluer le contexte, ni de disposer des  éléments permettant d ‘apprécier plus finement les difficultés propres à chaque spécialité de médecine qui a recours à la TLC, ainsi que celles de leur patientèle.

Notre spécialité nous fait regretter notamment le manque d’informations dans le champ de la  santé mentale et de la psychiatrie. D’autant que ce champ demeure un sujet récurrent pendant cette période de confinement, et le sera d’autant plus à la sortie de celui-ci.

 

Donnez votre avis