Numérique et internet en psychiatrie et santé mentale, une enquête, un état des lieux

Télésoin, télémédecine, télésanté, numérique et internet en santé mentaleProfessionnel, aidant, usager, vous utilisez le numérique dans le cadre de soins psychiques ? La revue Pratique en Santé Mentale explore les nouveaux usages du numérique dans les pratiques en psychiatrie et Santé Mentale. 

 

L’introduction du numérique et d’internet en psychiatrie et santé mentale suscitent des attentes, mais aussi des réserves. Ainsi cette introduction est-elle progressive, fragmentaire, moins avancée en France que dans d’autres pays. C’est pourquoi, la revue Pratiques en Santé Mentale propose un premier état des lieux à partir de récits d’expériences concrètes. A paraître en janvier 2023, la revue étudiera trois grands axes

 Téléconsultation, télésoin, télésuivi

Les périodes de confinement ont montré l’importance que pouvait revêtir l’utilisation des outils numériques pour la continuité des échanges et des soins en même temps qu’ils contribuaient à lutter contre l’isolement. Mais au-delà de ces périodes, les services de psychiatrie ou médico-sociaux utilisent-ils la téléconsultation ou le télésoin ? voire des objets connectés ?

Ces techniques peuvent en théorie compléter l’action des équipes, pour maintenir des liens avec un patient qui s’isole, diminuer le nombre de visites pour un autre suivi à son domicile, attendre une consultation « en présentiel » trop éloignée, pour intervenir à temps et prévenir les rechutes. Mais les équipes se sentent-elles prêtes pour de tels usages, les souhaitent-elles ? Leur formation, les matériels dont elles disposent sont-ils adaptés ?

 

Fracture, précarité numérique, illectronisme

Plus largement, l’arrivée d’internet modifie nos vies de citoyens – nécessité de posséder et utiliser des outils informatiques, démarches administratives ou bancaires en ligne, utilisation de sites d’achat, utilisation et décryptage des réseaux sociaux, possibilités « d’arnaques », accès à la culture… Le bouleversement est globalement plus important encore pour des personnes en situation de handicap physique, mental ou psychique, ou de précarité. Fracture ou précarité numérique ? Manque d’habiletés ou d’apprentissages ? Difficultés cognitives, angoisse devant un univers non maîtrisé ? … Un accès limité voire impossible au numérique constitue une gêne quotidienne supplémentaire. Elle peut renforcer le sentiment pénible d’être exclu des changements de la société, et la notion d’illectronisme est vécue comme péjorative. Ce sentiment de « surhandicap » social, souvent lié à des contraintes et des difficultés bien réelles, complique les efforts pour accompagner l’accès social et à la citoyenneté de ces personnes.

 

Comment surmonter ces difficultés ?

Il est certain que les usagers des institutions psychiatriques ou médico-sociales sont sensibles à ces difficultés, et désireux de les surmonter. Malgré tout, acceptent-ils une aide en ces domaines si nous la leur proposons ? Demandent-ils cette aide, veulent-ils gagner en autonomie ? Disposent-ils des matériels nécessaires ? Des expériences ou des projets sont-ils en cours pour faciliter leur accès à ces nouveaux modes de communication ? Avec quelles difficultés et/ou quels gains pratiques et psychiques ?

Il est probable aussi que les accompagnants ne se sentent pas eux-mêmes toujours à l’aise avec les nouvelles technologies. Des aidants (familles, pairs) interviennent-ils dans les services ? Jusqu’où ne pas aller trop loin dans l’accompagnement vers ce monde dématérialisé ? Car nous n’évaluons pas tous de la même façon l’apport des nouvelles technologies à notre humanité commune.

 

Un troisième axe, l’usage thérapeutique de la réalité virtuelle

Un troisième axe de recherche, plus spécifique, concerne l’usage de la réalité virtuelle.

Celle-ci complète ou tend à remplacer l’usage des images ou des films dans les thérapies cognitivo-comportementales des troubles anxieux. En effet, l’usage du virtuel permet de moduler plus finement les exercices d’exposition aux situations d’angoisse dans le processus de désensibilisation de ces thérapies. Il permet aussi de de multiplier ces exercices et de les réaliser vraiment. En effet certains accompagnements en situation réelle étaient presque impossibles à réaliser autrefois. Ainsi on utilise de plus en plus la réalité dans les services dédiés à ces troubles et à ces techniques. Et les résultats semblent très encourageants. Ces centres et les personnels dédiés sont peu nombreux mais leur nombre est amené à augmenter. Sommes-nous prêts à admettre ces techniques dans notre univers mental ? Les professionnels sont-ils prêts à les expérimenter pour et avec leurs patients ? Cela permettrait-il de se faire une idée de leur efficience et d’en construire les indications pour l’avenir ?

Quant aux psychothérapeutes d’enfants, ils rencontrent l’importance grandissante des jeux vidéo pour les enfants ; comment intègrent-ils ce nouveau domaine de jeu dans leur rapport à leurs jeunes patients ?

 

Janvier 2023: rendez-vous avec la revue Pratique en Santé Mentale (PSM)

La revue PSM sollicite de nouvelles contributions de professionnels, d’usagers qui en ont bénéficié, d’aidants.

Faites- nous part de vos expériences, de vos projets, de votre intérêt ou de vos doutes.

Les questions ou propositions sont à adresser à docteur.gauthier.75020@gmail.com

 

 

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