Recherches sur internet en santé mentale

Que cherchent ceux qui  consultent le Net en santé mentale? Une information accessible, variée, discrète et gratuite. Pour le public jeune, largement équipé en smartphones, le Net est important pour les informations ayant trait à la sexualité et aux addictions.

La recherche de l’information sûre et complémentaire

Le rapport Internet Santé Mentale[1]  le public n’a pas une confiance aveugle dans les contenus du Net ; il s’oriente vers les sites présentant un caractère professionnel, une touche scientifique et officielle, et une bonne lisibilité des contenus.

Le public maintient sa confiance dans le discours scientifique médical et dans la figure du médecin qui représente celui-ci.

Il s’agit d’une recherche d’information complémentaire plutôt que contradictoire, le médecin restant l’interlocuteur de référence[2].

Préparer la consultation

Les patients ne veulent pas nécessairement vérifier l’exactitude d’un diagnostic mais préparer une consultation, comprendre mieux les informations données par le médecin. C’est un prolongement de la consultation. Ils viennent vérifier si les examens nécessaires ont été bien réalisés mais aussi quelles sont les perspectives de la recherche scientifique sur le problème qui les touche. Ces informations viennent s’articuler avec la consultation et non la concurrencer. « Le Web a en réalité plus tendance à envoyer les personnes chez leur médecin, notamment pour discuter de ce qu’ils ont découvert, que de se substituer à la consultation médicale [3]».

La détresse psychologique

En psychiatrie, les personnes qui consultent Internet sont souvent celles qui sont dans un état de détresse psychologique ou chez lesquels la dépression et l’anxiété se chronicisent [4].

Pour les personnes psychotiques

54 % des patients psychotiques ainsi que leurs familles et leurs amis ont trouvé de l’information et de l’aide sur Internet[5]. Beaucoup de patients schizophrènes veulent comprendre leurs expériences psychotiques comme les idées délirantes, les hallucinations, mais aussi les effets secondaires de leur traitement.

Les patients suivis en psychiatrie ont souvent besoin d’être rassurés concernant leur médication… Ils utilisent plus souvent Internet comme source d’information sur les médicaments que les patients sans troubles mentaux[6].

Une étude menée dans un hôpital universitaire allemand auprès de patients hospitalisés en psychiatrie montre qu’une majorité de ceux-ci utilise Internet pour s’informer concernant la santé mentale (70,9 %) et plus particulièrement pour trouver de l’information sur leur trouble (57,8 %) et sur les médicaments qu’ils prennent (43,7 %).

Importance des réseaux sociaux

En ce qui concerne la pathologie mentale, c’est d’abord sur les réseaux sociaux (dans 50 % des cas) que les internautes recherchent l’information ou le vécu d’autres personnes qui ont vécu les mêmes troubles qu’eux. La consultation des sites Internet vient ensuite.

Références

[1] Minotte P., Internet santé mentale – Note N°3 de l’Observatoire « Vies numériques » du Centre de référence en Santé Mentale, novembre 2018. Ce rapport fait aussi état de nombreuses études internationales.

[2] Minotte P., p9

[3] Solidaris (2017), l’information santé en Belgique francophone : état des lieux, attentes de la population et impact d’Internet, Institut Solidaris.

[4] Minotte P., p 4

[5] National Alliance on mental Illness, cité par Minotte P., p10

[6] Idem p 12

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