Des difficultés urinaires avec le traitement?

Vous avez l’impression que votre traitement vous donne des difficultés urinaires ? C’est possible. Mais attention, vous pouvez avoir des troubles urinaires pour une autre raison qu’il faudra rechercher.

Pour le système urinaire, régulé par le système nerveux végétatif, la seule action volontaire est de retenir le besoin ou de le satisfaire en relâchant le muscle sphinctérien pour laisser la vessie se vider.

Les troubles urinaires qui peuvent accompagner un traitement psychotrope (neuroleptique ou antidépresseur) sont :

  • une difficulté à vider la vessie :
  • un jet moins puissant
  • une miction plus lente
  • la sensation de mal vider sa vessie
  • des gouttes retardataires après une miction
  • des efforts de poussée inhabituels pour finir une miction
  • des mictions entrecoupées
  • des besoins devenant beaucoup plus espacés, des sensations moins marquées, avec des mictions plus lentes
  • Au contraire : des besoins urinaires devenant plus urgents, et surtout plus rapprochés
  • des fuites urinaires accompagnant un besoin urgent, ou sans aucune sensation particulière : on s’en rend compte quand elle s’est déjà produite.
  • Des infections urinaires plus ou moins fréquentes qu’il faut éviter

Comment savoir s’il y a une anomalie urinaire ?

D’abord la constatation d’un changement par rapport à la période d’avant le traitement.

En général, on absorbe un litre à un litre et demi de liquides par jour.

On a un besoin 3 à 4 fois par jour pour les hommes et 5 à 6 fois par jour pour les femmes.

La nuit il est possible d’avoir 0 à 1 miction, sur un réveil provoqué par le besoin.

Le jet urinaire doit être puissant, rapide, indolore et vider complètement la vessie.

Mais cette normalité peut être modifiée par certaines habitudes de vie non pathologiques :

  • l’absorption d’excitants (thé, café), l’absorption de trop de boissons,
  • l’interruption du jet urinaire volontaire (dit stop-pipi) : attendre trop longtemps avant d’aller aux toilettes
  • pour les femmes le fait de ne pas s’assoir pour vider leur vessie….

Ces mauvaises habitudes, prolongées pendant plusieurs années, peuvent aussi causer des pathologies vraies, indépendamment de tout traitement.

Des conseils si vous notez les anomalies citées que vous pensez associées à votre traitement

  • évaluez vos boissons absorbées et leur quantité dans une journée, notez le nombre de mictions, notez les fuites et ce qui les a provoquées.
  • si vous avez du mal à vider votre vessie, surtout ne pas pousser mais passer un peu plus de temps aux toilettes, pour laisser se vider doucement votre vessie. Pensez que vider votre vessie est un acte de relaxation, le plus important est de vider mais pas forcément très vite.
  • pour les femmes, asseyez-vous aux toilettes. Il existe dans tous les supermarchés, de petites protections des lunettes de toilettes, en petits paquets de 10, et biodégradables, à jeter dans les toilettes après usage.
  • si vous notez trop peu de mictions dans une journée, répartissez vos boissons de façon régulière dans la journée et présentez-vous aux toilettes, avec ou sans besoin, environ toutes les 3 heures
  • vous notez des mictions très urgentes? diminuez les boissons excitantes
  • vous avez des infections urinaires fréquentes?  parlez-en à votre médecin qui prescrira un ECBU (examen cytobactériologique des urines) et  un traitement adapté.
  • Après ce traitement, vous pouvez trouver dans les pharmacies, des produits à base de Cranberry, qui empêche la récidive, mais ne traite pas une infection déjà constituée.

Il faut donc accorder beaucoup d’attention à ce genre de troubles, qui ne sont pas toujours des effets secondaires des médicaments et en parler à votre médecin, voire consulter un(e) urologue qui pourra faire effectuer des explorations complémentaires pour connaitre et traiter l’origine de vos troubles.

 Remerciements à Mme Joelle Souffir – Kinésithérapeute spécialisée en Pelvipérinéologie

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