Préserver sa situation sociale

La plupart des pays occidentaux, et la France en particulier, peuvent s’enorgueillir de l’aide et de l’assistance qu’ils portent sur le plan social aux membres de leur société qui sont en difficulté.

Allocations, pensions, aides ponctuelles, hébergements adaptés ou aides à l’hébergement, coupe-files, réduction de prix pour les services publics etc.

Une personne handicapée doit pouvoir jouir de la vie publique comme n’importe quel autre citoyen. C’est un droit.

Mais à quel moment la maladie mentale devient-elle un handicap durable ? Cette durée est-elle prévisible ?

Est-il toujours judicieux de demander une Reconnaissance de Situation de Personne Handicapée (RQTH) ?
Il existe surtout au début de la maladie un risque de stigmatisation que nombre de patients refusent.
Y-a-t-il des inconvénients tels qu’il faille, dans certains cas, y renoncer ?

Au cours des dernières décennies, la prise en charge des patients a considérablement changé.
D’abord les progrès des médicaments psychotropes, la nouvelle génération des antipsychotiques et des antidépresseurs plus efficaces permettent le suivi du traitement en ambulatoire, le patient restant dans son milieu, dans son environnement.
L’accueil dans les CMP (Centres médico-psychologiques), les consultations de secteur, les Cattp (Centres d’Accueil thérapeutique à Temps Partiel), les hôpitaux de jour, les foyers de nuit et les différents centres d’entraide tel que les Gem de plus en plus nombreux, accompagnent utilement le patient dans ses difficultés.

Il faut cependant distinguer :

  • une crise passagère qui peut nécessiter un arrêt de travail parfois d’une assez longue durée, de plusieurs mois avec une reprise de travail à temps partiel. Mais cette situation ne nécessite pas d’emblée la reconnaissance d’une situation de handicap,
  • avec un trouble psychique plus structurel, dont l’expression va s’étaler sur une longue durée.

Pour préserver une situation d’incapacité temporaire mais aussi lorsque la situation de handicap mental s’installe, il faut accompagner le patient dans les méandres des démarches administratives pour qu’il puisse bénéficier de tous ses droits.

On gagnera beaucoup à être guidé de façon prolongée par un-e assistant-e social-e qui est une aide essentielle dans tout suivi psychiatrique prolongé.

La reconnaissance de la situation de handicap a une profonde signification symbolique. Il faut que cette décision soit prise après mûre réflexion même si « à l’évidence » le patient ne peut pas se « débrouiller » tout seul.

Dans tous les cas, la reconnaissance du statut d’handicapé avec certaines mesures de protection telles que la mise sous curatelle ou tutelle devrait se faire , quand c’est possible, en accord et avec la coopération active du patient et le plus souvent de sa famille.

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